Les ANCIENS de l'escorteur d'escadre FORBIN
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Sur un bâtiment à la mer, on travaille 24h/24, on y mange et on y dort. Le bâtiment évolue aussi sur les mers et océans et il faut changer d'heure selon les fuseaux horaires.
LA VIE A BORD :
La vie à bord dun bâtiment à la mer, lors des grandes traversées, est un peu compliquée et souvent fatigante. Le bâtiment fonctionnant 24h/24, l'équipage est soumis à un rythme de vie assez éprouvant.
La journée commence à 6h30 ou 7h par le branlebas annoncée par la sonnerie du clairon via la sonorisation du bord. On passe alors à l'éclairage intérieur normal. Toilette et petit déjeuner, puis la prise de quart de 8h à 12 h pour certaines équipes. Pour les autres, poste de lavage, corvées ou rangements divers et les travaux quotidiens propres à chaque spécialité. Sans oublier les ravitaillements à la mer (RAM) ou divers exercices avec l'escadre (voir le sujet en bas de page).
Déjeuner à 11h15 à la cafétéria ou dans les carrés pour le personnel prenant son quart de 12h à 15h. Puis de 12h à 13h pour le reste de l'équipage. Moment important, car on a toujours faim en mer (photo à gauche), même s'il est parfois difficile de se restaurer tranquillement lorsque la mer est mauvaise ! Ensuite, retour au poste, partie de cartes, discussion, bref un peu de détente avant de s'allonger pour lire ou faire une sieste. Lors des grandes traversées, il y a peu d'exercices les après-midi afin de permettre au personnel de récupérer un peu les heures de quart de nuit. Vers 14 h, nous avons droit, si la météo le permet et les musiciens disponibles, à un "concert" avec l'orchestre du bord sur la plage arrière (photo à droite en 1968). Sinon, il faut penser à prendre le quart suivant de 15h à 18h.
Le dernier quart de jour de 18h à 20h est le plus court du cycle qui permet aussi de faire tourner les équipes afin de ne pas avoir les mêmes horaires. Même dispositif que le midi pour le repas du soir de 17h30 à 20h, puis on prend l'air avant la nuit. Les portes sont fermées dans ce cas, conformément à la situation d'étanchéité en vigueur, comme l'indique "l'arlequin" ci-dessous. L'éclairage intérieur est passé en mode masqué avec des luminaires de couleur rouge, moins visibles du large. Selon le cas, la soirée consiste à regarder un film en noir & blanc sur le réseau de télévision du bord (ou en couleurs sur la plage arrière selon le temps), une partie de cartes ou un peu de lecture avant le sommeil
Les postes de jour sont supportables tant que l'état de la mer est calme. Dans le cas contraire, il faut prendre garde à bien garder l'équilibre. Dans ce cas, surveiller les cadrans, réparer tel ou tel appareil, veiller à l'extérieur peut se révéler très compliqué. La nuit c'est encore plus pénible. Dormir est parfois difficile !
Les quarts de nuit sont répartis de la façon suivante :
- de 20h à 0h,
- de 0h à 4h puis
- de 4h à 8h.
Le plus difficile est de loin le second puisqu'il coupe le sommeil
en deux et qu'il est difficile de le retrouver ensuite
Pour résumer, les horaires pour un tiers donné sont les suivants :
Jour 1 : 8h à 12h - 18h à 20h,
Jour 2 : 4h à 8h - 15h à 18h,
Jour 3 : 0h à 4h - 12h à 15h - 20h à 24h,
puis un nouveau cycle démarre.
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Les traversées de l'Atlantique, de l'Océan Indien ou du Pacifique imposent, à chaque passage de méridien, de changer d'heure. Ce changement se fait de jour et il est parfois partagé en deux par certaines équipes lorsqu'on retarde d'1 heure en allant vers l'ouest comme en 1971.
En revanche, en 1966 et 68, comme nous allions vers l'est, nous avancions nos montres de telle sorte que le quart durait une heure de moins. Enfin, lors de la campagne de 1966, nous avons vécu deux 1er mai et lors de celle de 1968, deux 13 mai ! En passant par la zone internationale de changement de date, il nous a fallu retarder nos montres de 24 heures !
Pour résumer, nous avons avancé ou retardé nos montres pour passer de l'heure Alpha (GMT + 1 heure) en France à celle du secteur où nous trouvions. Le méridien GMT est appelé Zoulou dans le code international.
De sorte que notre bannette est vraiment appréciée, car la position favorite du marin fatigué est celle qui nous met parallèle au pont principal !
LES EXERCICES ET LES RAVITAILLEMENTS A LA MER :
Un navire de guerre évoluant dans un groupe aéronaval suppose un entraînement important ou des opérations particulières lors de voyage aussi long qu'un tour du monde. Il y a d'abord les "Postes de Combat" où chaque homme du bord est affecté à un point particulier lorsqu'il n'est pas de quart. L'alerte se fait par phonie précédé d'un klaxon à son continu. On vérifie le temps de l'action, les communications entre les différentes tranches et si chacun est bien prêt à l'action. Il y a parfois, au cours de ces alertes, des tirs au canon pour s'entraîner avec les aéronefs du porte-avions ou des évolutions plus ou moins brusques sur chaque bord lors de recherche de sous-marins au cours des exercices de type Casex.
Dans le cas particulier de la mission du Forbin dans le Pacifique, il y a naturellement de nombreux exercices d"Alarme Nucléaire" signalé par phonie et par une sirène au son discontinu. Au cours de ces exercices, de plus en plus fréquents dès lors que l'on se rapproche de Tahiti, il faut passer à la Situation d'Etanchéité 0 (ou stade 0) puis fermer toutes les ouvertures signalées en rouge sur les "arlequins" (voir plus haut). Les systèmes de ventilation sont surtout bien contrôlés pour éviter toute introduction d'air dans les locaux. Nous revêtons au cours de cet exercice une tenue spéciale dite REMCO, avec masque respiratoire ou non, et même un scaphandre réfrigéré dans les machines. Sans oublier le dosimètre à poste sur la tenue. Quelques exercices d'Alarme Incendie ou de "Voie deau" sont aussi réalisés pour parer à toute éventualité, là aussi chacun a son poste pour aider efficacement la petite équipe de la Sécurité du bord.
Un escorteur tel que le Forbin consomme à allure moyenne (18 nœuds) pratiquement 3 tonnes de mazout à l'heure ! Le personnel doit se nourrir et les réserves sont limitées. Aussi les escadres recourent aux Ravitaillements à la Mer à couple, c'est-à-dire bord à bord comme ci-contre, ou en pointe c'est-à-dire derrière notre ravitailleur La Seine. L'opération dure 1 heure 30 à 2 heures pendant laquelle nous recevons du mazout (250 t/heure), des vivres, de l'eau douce. Il faut alors hâler à la main des caisses suspendues au-dessus de l'eau !
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La Sécurité veille !!!