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Les Anciens des bâtiments FORBIN
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Croiseur anti aérien modifié en 1965 comme bâtiment directeur de tir au Centre d'Expérimentation du Pacifique de 1966 à 1972...
L'histoire condensée du Croiseur Anti Aérien DE GRASSE (1938 - 1972)
1938-1945 : Une construction inachevée Le De Grasse est mis en chantier à Lorient en 1938, son nom a été choisi en décembre 1936. Ce bâtiment n'était achevé q'uà 28% quand l'invasion de 1940 vint tout arrêter. Seul était assez avancé le montage de la coque dans le grand bassin de construction de Lorient. Par une chance extraordinaire, la coque du croiseur devait échapper (presque sans dommages) à la destruction par les bombardements alliés de la ville et de l'arsenal de Lorient. Au cours des années d'occupation, le personnel de l'arsenal demeuré sur place fit preuve du maximum d'inertie pour éviter d'exécuter les directives allemandes d'achèvement du bâtiment. La Libération trouva donc, en plus de deux impacts de bombes, la coque à peine plus avancée qu'elle ne l'était en 1940. 1946-1956 : Premiers essais Sa coque fut mise à l'eau le 11 septembre 1946 à Lorient. Les difficultés au sortir de la guerre ne permirent pas de reprendre immédiatement sa construction. Ce n'est qu'en 1951 que la coque fut remorquée à Brest. La construction reprit jusqu'en 1954. Armé pour essais le 17 août 1954 , il effectue ses premiers essais à la mer à partir de 1955, au large de Brest. Il entre en armement définitif le 10 août, et quitte Brest le 29 août pour effectuer une mission à Arzew et Toulon. Le bâtiment est admis au service actif le 10 septembre 1956. Affecté comme bâtiment hors rang à la 1ère F.E.E., il effectuera de nombreux exercices au large de Toulon, son port base. Une visite de garantie aura lieu le 15 décembre. Il deviendra alors Bâtiment Amiral de l'Escadre, portant la marque de l'amiral Jozan.
1957-1959 : Exercices au sein de l'Escadre En 1957, au sein de l'Escadre, il quitte Toulon pour effectuer une mission qui le conduit en Méditerranée avec un retour à sa base le 6 avril. Puis après un essai le 25 avril, il participe aux exercices Sans Atout et Medflex Epic, avec escale à Naples. Le croiseur quitte Toulon le 11 mai, pour sa première longue croisière, direction les Antilles. Il fait escale à Fort-de-France, Les Saintes, Norfolk, New-York, Casablanca et il est de retour à Toulon le 12 juillet. Début 1959, le De Grasse effectue deux escales aux Salins et à Villefranche au cours d'exercices (janvier et février), puis rentre pour un petit carénage du 23 avril au 31 mars. Il repart de son port base le 2 avril pour une mission vers Malte, et Bizerte, et rentre le 16 avril à l'issue de l'exercice Medflex Guard. 1960-1964 : Grand carénage - Un tour du monde en 48 escales ! En 1960 débute à Brest un grand carénage et transformation avec un effectif réduit spécialement pour l'occasion (23 décembre 1959 au 18 janvier 1961). Suppression des 4 tourelles de 57 mm centrales et masquage des ouvertures pour les embarcations dans le bordé de carène, et remplacement des radars. Début 1961, il part au large de Brest pour une série d'essais. Après une escale à Plymouth le 23 mars, il quitte Brest le 28 avril vers Toulon qu'il rallie le 6 mai, via Mers el-Kébir. Il est réaffecté le 1er mai à l'Escadre de la Méditerranée. Il enchaîne à nouveau des séries d'exercices (entrecoupés par une période d'entretien du 19 au 29 mai), quitte Toulon le 2 juin vers Gênes, puis le 29 juin vers Bizerte.
1962 : un tour du monde en 48 escales ! Après quelques exercices en Méditerranée en janvier, 1962 sera une des années les plus prolixes pour le bâtiment. Sous le commandement du capitaine de vaisseau Rebut, le De Grasse effectue une croisière autour du monde du 1er mars au 9 octobre 1962. Parti de Toulon, il fait une courte escale à Dakar, traverse l'Atlantique en 7 jours jusqu'aux Antilles. Il s'arrête d'abord à Fort- de-France, mouille en rade des Saintes, fait une escale à Pointe-à-Pitre, mouille à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin. Il franchit le canal de Panama avant de s'arrêter à Balboa. Il mouille au large de l'atoll de Clipperton où une plaque "Croiseur antiaérien De Grasse - 14 avril 1962" est scellée, rejoint San Diego, puis traversant une partie du Pacifique, rallie Honolulu. Il rejoint ensuite la Polynésie s'arrêtant aux Iles Marquises (Nuku-Hiva puis Hiva-Oa) puis Papeete (Tahiti). Il rayonnera dans les îles de l'archipel des Tuamotou : Rangiroa, Makatea, Fakarava, les Iles Gambier, Ravavae, Tubuai, Rurutu. Il revient à Papeete via Moorea, repart pour Raiatea, Bora Bora, les Iles Wallis et Futuna, il est ensuite à Nouméa avant de gagner les Iles Loyauté et les Nouvelles-Hébrides (Port-Vila à Efate, Norsup à Mallicolo, Espirito Santo, Tanna). Il mouille à Poindimié sur la côte ouest de la Nouvelle-Calédonie, revient à Nouméa puis à l'île des Pins... Après une escale à Port-Darwin, il est à Saigon. Continuant son périple à travers le monde, le De Grasse fait une escale à Colombo, puis à Madagascar où il reste environ 3 semaines. Après une première escale à Diégo-Suarez, le croiseur effectue un tour de l'île, coupé par un crochet à la pointe des Galets, située à l'Ile de la Réunion. Il visite Tamatave, Tuléa, Juan de Nova, Majunga, repasse par Diégo-Suarez et met le cap sur Les Comores, Mayotte, Anjouan et la Grande Comore. Ce sera ensuite Djibouti d'où il appareille en remontant vers le Nord. Franchissement du canal de Suez le 5 octobre et c'est le retour à Toulon où il rallie l'Escadre le 9 octobre 1962, après ce tour du monde qui a comporté 48 escales. En un peu plus de 7 mois, il a parcouru environ 43000 nautiques.
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Le De Grasse au large de Toulon en 1963 au cours dun exercice de Ravitaillement à la Mer avec le Foch et La Saône. © Forum Anciens Cols Bleus
1966-1972 : Le Pacifique et les essais nucléaires Une période de grand carénage qui durera du 10 mai 1964 jusqu'au 1er février 1966 et au cours de laquelle le croiseur sera transformé en "Bâtiment de commandement du Centre d'Expérimentation du Pacifique". En effet, le croiseur De Grasse étant le bâtiment de commandement d'où était déclenché le feu nucléaire, les ordres de tir étaient directement donnés depuis Paris. Il effectuera ainsi, de 1966 à la fin de 1972, six campagnes de tirs atomiques en Polynésie Française, au profit de la DIRCEN (Direction du Centre des Expérimentations Nucléaires), en revenant en Métropole tous les hivers pour une période d'IPER (Indisponibilité Périodique pour Entretien et Réparations). Un des souvenirs marquant est évidemment, lors de la première campagne d'essais, le premier tir sous ballon, en présence du général De Gaulle. Le tir Bételgeuse, déclenché par le chef de l'État à partir du De Grasse eut lieu à 7h30 le 11 septembre 1966, libérant un peu moins de 200 kt. Le plus puissant a été le tir Canopus du 24 août 1968 avec plus de 2 mégatonnes... C'est le capitaine de vaisseau Jaouen qui le 9 décembre 1972 à 9h30 fut le dernier pacha à prononcer le "Zéro la barre ! Terminé barre et machines" au quai d'armement ... qui aura été le quai de désarmement pour le De Grasse ! En septembre 1972, le De Grasse est placé en réserve spéciale B. La dernière cérémonie des couleurs à bord du croiseur se déroulera au soir du 28 février 1973. Le croiseur De Grasse aura eu une carrière peu commune pour deux raisons : la première tient à sa durée de vie courte car il a fallu 18 ans de construction (perturbée il est vrai par le conflit mondial) pour seulement 17 ans de service. La seconde pour les nombreux voyages quil a effectué autour du monde en représentation ou comme navire amiral dans le Pacifique...
Extraits recueillis par J. MARQUET à bord lors de la campagne 1971, d'après le livre Les croiseurs Colbert et De Grasse de J. MOULIN & R. BAIL paru aux Editions DEVAUZELLE.
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Le De Grasse et le Forbin à Papeete en 1966 Photo (c) Michel SIROT
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Le DE GRASSE tel quil apparaissait à l'origine, ici en 1957 Photo © Netmarine